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Quand les réfugiés cognent à la porte de notre église...

vendredi 29 janvier 2010, par Dominique Ourlin


À Québec, ce n’est plus pareil... Québec d’hier, c’était la vieille capitale, les Nordiques et le bonhomme carnaval, ville de fonctionnaires, ville étudiante, ville peu bruyante. C’était aussi une ville blanche. Blanche, non seulement à cause de ses hivers, mais surtout à cause de ses habitants de souche canadienne française, des Québécois pure laine. Jusqu’alors, l’église évangélique de la ville était à l’image de sa population, très homogène. Québec d’aujourd’hui a toujours son bonhomme carnaval et elle rêve encore au retour des Nordiques. Mais à Québec, ce n’est plus pareil. Ce n’est plus la vieille capitale d’hier. Le grand village se transforme tranquillement en grande ville dynamique, vivante, un peu plus bruyante, mais surtout, beaucoup moins blanche. Dieu bénit notre ville par l’arrivée de milliers d’immigrants et de réfugiés depuis les dernières années amenant ainsi les églises devant un nouveau défi : l’intégration des communautés culturelles.

« Si ton prochain qui vit près de toi s’appauvrit et tombe dans la misère, tu lui viendras en aide, même s’il est étranger ou immigré, afin qu’il survive à côté de toi. » Lévitique 25.35

Depuis la mise en place de son programme d’implication communautaire Service Actes, le Carrefour Chrétien de la Capitale (www.carrefourcc.org) est tranquillement devenu un acteur reconnu pouvant amener une aide concrète aux familles nouvellement arrivées, et ce, sans discrimination. Depuis les 3 dernières années, nous nous sommes affairés à développer un partenariat solide avec le Centre Multiethnique de Québec, un organisme laïc ayant comme mandant l’accueil et l’intégration des réfugiés. Grâce à cette précieuse collaboration, chaque semaine, les membres de l’équipe de Service Actes rendent visite à plusieurs familles de réfugiés leur apportant des denrées et l’amour de Dieu.

On estime que ce partenariat nous a ouvert littéralement les portes de 150 à 200 familles par année. Nous avons aussi participé à la fête de Noël de l’organisme bénissant à la fois les intervenants et les nouveaux arrivants. Certes, apporter de la nourriture à ces réfugiés est un bien petit geste devant l’ampleur de leurs besoins. Mais nous le faisons avec tout notre amour, car notre désir est tout simplement de prendre soin de la veuve et de l’orphelin, de répondre à notre appel : « Faites-vous connaître par votre amabilité envers tous les hommes. » Phil. 4.5 Nous aimons profondément ces gens.

Aujourd’hui, nous voyons des fruits et nous en sommes si heureux. Depuis août 2009, un groupe réfugiés provenant du Bhoutan se sont joints à l’église. Ce sont des chrétiens d’origine hindouiste qui se sont convertis dans des camps de réfugiés après avoir entendu parler de Christ par des missionnaires. À chaque semaine, une quarantaine de Bhoutanais chrétiens assistent au culte et en plus, ils amènent avec eux leurs amis musulmans et hindouistes, wow !!! Je me demande encore comment des Québécois unilingues francophones pourraient atteindre une communauté de Bhoutanais qui ne parlent que l’hindî et le népali sans la puissance du Saint-Esprit qui se manifeste seulement quand les croyants répondent à l’appel de Dieu. On se rend vite compte que l’amour de Dieu est un langage universel qui dépasse nos limites culturelles. On se sent très peu compétent pour venir en aide à des gens qui ont subi des sévices atroces dans leur pays d’origine. Souvent, les réfugiés on dû quitter leur pays précipitamment en ayant rien dans leur valise.

Imaginez le regard de cette grand-mère qui a vécu 18 ans dans un camp de réfugiés au Népal dans l’espoir de pouvoir retourner dans son magnifique pays natal, le Bhoutan. Finalement, ses espoirs ont pris fin le jour où l’ONU a décidé pour elle qu’elle venait finir sa vie au Québec dans un minuscule appartement avec 10 membres de sa famille. Elle, même si elle ne comprend absolument pas le français, elle m’a compris lorsque j’ai mis sa main dans les miennes et que je lui ai dit que je prierais pour elle. Bien que notre église apporte réconfort et soutien à ces personnes, elles sont encore plus une source de bénédiction pour nous. Elles nous ouvrent les yeux, nous font voir la vie d’une autre façon, plus simplement. Elles nous font réaliser que la vie ne s’arrête pas ici et que nous avons tant à faire encore. Nous voulons seulement les servir, les aimer et laisser faire le Tout-Puissant.

C’est vrai, le Carrefour est maintenant devant un nouveau défi des plus excitants. Comment intégrer une nouvelle communauté culturelle à la vie de l’église alors qu’elle ne parle pas français ? Certes, la tâche n’est pas terminée, mais la meilleure chose que nous puissions faire demeure la prière. Oui, nous ferons tout pour les accueillir adéquatement, les prédications sont maintenant traduites en anglais (quelques-uns comprennent un peu l’anglais) et un service de transport d’autobus est offert à tous les dimanches, mais il n’en demeure pas moins que nous nous appuyons sur la puissance du Saint-Esprit, car sans Lui, nous ne pouvons rien faire.

Si votre église a à cœur les nouveaux arrivants qui s’installent dans votre quartier, voici quelques sujets de prières élémentaires à élever devant le Seigneur :

• Priez pour qu’elles trouvent rapidement les ressources matérielles nécessaires pour leur établissement : meubles, vêtements, électroménagers, nourriture, etc.

• Priez pour les autorités gouvernementales et les organismes qui ont le mandat de les accueillir, les orienter et les intégrer dans leur société d’accueil.

• Priez pour leur apprentissage du français.

• Priez pour qu’elles viennent à connaître Dieu.

• Priez qu’elles trouvent l’amour de Dieu, et l’espoir qu’Il peut les aider plus que quiconque.

• Demandez à Dieu de quelle façon il peut vous utiliser auprès des nouvelles communautés.

• Priez qu’elles trouvent une nouvelle famille spirituelle dans votre église qui lui servira de nouveau réseau social.

Le Carrefour Chrétien de la Capitale tient à remercier Agincourt Pentecostal Church de Toronto pour son précieux support à son programme d’implication communautaire. Cette collaboration est possible grâce au programme de partenariat de Mission Canada des APDC.

Maxim Guérin

Coordonateur de Service Actes

Carrefour Chrétien de la Capitale

serviceactes@carrefourcc.org

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